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Le
marché local est perturbé par l’inondation de produits agricoles
importés qui empêchent la compétitivité des produits locaux. Seuls des
produits de rente bénéficient d’une politique de stabilisation. La
commercialisation des produits vivriers n’est pas régit par un
mécanisme politique de régulation des prix.
Niveau sous régional
Les
échanges frontaliers de produits agricoles sont d’origine ancienne dans
la sous région. Ils se sont adaptés à tous les changements socio
économiques qui affectent les Etats concernés.
Les produits
locaux qui font l’objet des échanges concernent surtout le maïs, les
tubercules et leurs dérivés et quelques légumineuses. La plupart de ces
produits vont généralement du Bénin vers les pays limitrophes. La
sortie du maïs se fait par deux poches, celle allant du Nikki au Niger
par Malanville ; celle affectant le secteur de Bassila pour le
Togo.
Mais le caractère fluctuant des échanges constitue la plus grande
faiblesse du système. Il paraît de plus en plus difficile de jouer sur
ces échanges pour faire des planifications économiques efficaces.
Contexte international
La
libéralisation du commerce agricole et la dérégulation impulsée par
l’OMC, le FMI, les Accords de Partenariat Economique (APE), etc., sont
sources d’importants dégâts : faim, chômage, inégalités,
pauvreté,
dégradation des ressources naturelles.
Les paysans sont
contraints à l’exode rural et à l’émigration. L’OMC affaiblit les plus
faibles au profit des plus forts. En soumettant les produits agricoles
aux prix mondiaux, l’OMC vise à interdire la protection à
l’importation, instrument disponible pour tous y compris les pays
pauvres. Elle favorise par contre le blanchiment du dumping pratiqué
par les pays riches.
La production du coton au Bénin est l’illustration parfaite du
caractère suicidaire des accords de l’OMC.
En effet, coincées entre le marteau des dommages environnementaux et
l’enclume de la baisse des cours sur les marchés mondiaux, les
ressources naturelles du Bénin sont soumises à d’intenses pressions.
De nombreux dispositifs incluant les subventions à l’exportation, les
statuts d’entreprises franches, la Convention de Lomé, la dévaluation,
etc., ont indûment favorisé, dans un contexte d’ajustement, la
production nationale destinée à l’exportation.
Ils expliquent en partie la place occupée par les matières premières
dans les exportations de la sous région et le maintien de nombreuses
économies dans la trappe à pauvreté. Tel, pourrait être évidemment le
cas du coton brut, qui représente entre 50 et 80 % des ventes à
l’extérieur, du Bénin.
La Synergie
Paysanne réclame :
-
La mise à
disposition diligente d’un réseau d’information des producteurs sur
l’évolution des prix des produits agricoles.
-
Le
désenclavement des zones de production en vue d’un regroupement
efficient de l’offre des zones excédentaires vers des zones
déficitaires.
-
La
formation des organisations paysannes à la gestion autonome de leur
filière et la mise en place des unités villageoise de commercialisation.
-
L’éradication
des pratiques policières de rançonnement sur nos axes routiers en vue
de la fluidité et la transparence du marché de distribution des
produits agricoles.
-
La construction
des infrastructures communautaire de stockage des produits agricoles.
-
L’adoption
de politique de protection douanière contre les importations
en
vue de protéger la production locale des spéculations pour lesquelles
le pays détient des atouts sérieux de production (riz et volaille).
-
L’adoption
de politiques de prix rémunérateurs grâce à une combinaison
d’instruments adaptés à la diversité des situations :
protection
douanière, gestion de l’offre, mis en marché collectif, modes de
production durable etc.
-
Structurer le
commerce inter frontalier autour des avantages comparatifs de chaque
pays.
-
Associer les
organisations paysannes aux accords commerciaux décidés au sein des
instances de l’UEMOA et la CEDEAO.
-
Les
gouvernements doivent refuser les conceptions et les propositions
actuelles à l’OMC, et défendre le principe de souveraineté alimentaire
des pays pauvres.
-
le
recours à la concertation et l’effort de maîtrise de l’offre sur les
marchés internationaux, en particulier des actions communes entre les
pays producteurs et consommateurs pour stabiliser les marchés et
assurer les prix équitables pour les produits essentiellement destinés
à l’exportation.
-
Le
respect du choix légitime des populations qui refusent les OGM, les
hormones, doit être prioritaire par rapport aux intérêts des firmes
commerciales et inclus dans les accords du commerce international.
Voir également l’Etude sur la
commercialisation des céréales réalisée par Synergie Paysanne en 2006.
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