C’est la retraite de ce dernier
qui lui a permis de se sédentariser et d’élargir ses activités à l’élevage et à
la transformation.
Héritière d’un demi-hectare de terre de ses parents, c’est
en négociant avec son mari et d’autres propriétaires qu’elle obtient environ
trois hectares, la surface nécessaire à ses activités. | |

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Après cinq ans d’échec systématique dans la production de coton, elle
abandonne cette culture en faveur des céréales notamment l’arachide et le mil.L’arachide est vendu brut alors
que le mil est transformé d’abord en « akloui séché » ainsi que le
mais avant d’être commercialisé. L’igname est quant à elle transformée en
cossettes.  | | Elle entretient également un important élevage de lapin (200 têtes),
de cabri (40 têtes) et de poulet (40 têtes) destinés à la vente pour couvrir les
besoins de la famille.
Obligée d’utiliser les engrais
chimiques pour la production du coton, elle opte volontiers pour une
agriculture durable en même temps qu’elle change de cultures. En effet Mme Gazéré a
bénéficié de nombreuses formations à l’utilisation des feuilles de pois
d’angole pour enrichir la terre dans le cadre du Projet de Micro finance et de Commercialisation
(PROMIC). Elle combine cette technique avec la pratique de la jachère de courte
durée (deux à quatre ans). |
| Convaincue par le succès de ces procédés elle
a continué de se perfectionner dans le domaine et grâce à une formation
dispensée par le Centre d’Action Régional pour le Développement Rural (CARDER)
elle a commencé à faire du compost depuis peu. |
Parallèlement à ses activités
agricoles, elle devient formatrice endogène
en 2002, et alphabétiseur en 2003 dans le cadre du Programme d'Appui au
Développement du Secteur Agricole (PADSA) phase I et II. Elle travaille avec soixante et une femmes de vingt quatre villages en
tant qu’animatrice. Elle leur apporte des conseils dans la mise en œuvre de leurs activités,
dans la gestion, la planification ainsi que le règlement des conflits. | |  |
Dans le domaine de l’alphabétisation,
elle donne douze heures de cours par semaine à raison de trois heures par jour.
Cette activité l’occupe trois à six mois chaque année. Depuis trois ans, elle assure également la fonction de
secrétaire de la Caisse de Solidarité de son village qui regroupe quarante et
une femmes. Cette Caisse Villageoise de
Solidarité est née d’une initiative de « Care Bénin », une ONG
nationale. La caisse accorde des prêts à des taux avantageux sous forme de fond
de roulement. La redistribution des intérêts leur a déjà permis d’augmenter leurs
chiffres d’affaires et financer des constructions, des vélos ainsi que des fournitures scolaires pour leurs enfants.
Son parcours de voyageuse, agricultrice et formatrice l’a
naturellement conduit vers le syndicalisme et c’est ainsi qu’elle adhère en
2005 à Synergie Paysanne dans l’espoir de trouver des solutions aux
préoccupations des paysannes qu’elle a rencontré sur le terrain : la
nécessité de s’unir pour améliorer les activités et les revenus.
Néanmoins Synergie Paysanne lui fait comprendre bien
plus ; que les décisions gouvernementales se prennent le plus souvent sans
connaitre les réalités de terrain et sans la consultation des principaux
concernés. C’est également au sein du syndicat qu’elle prend conscience du
phénomène de l’accaparement des terres et des enjeux de la politique agricole.
En partant de ces constats elle voit en Synergie Paysanne un
intermédiaire capable de faire le lien entre les paysans et la sphère des
décideurs.
Simple membre au début, elle fait partie aujourd’hui du
Conseil d’Administration et occupe la fonction de Présidente Adjointe du
Collège des Femmes de Synergie Paysanne depuis Avril 2009.
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